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L’affaire Fiducian sur l’écoblanchiment, à hauteur de 7,3 millions de dollars : ce que les institutions financières peuvent en apprendre

  • ED4S
  • il y a 1 jour
  • 3 min de lecture

La dernière affaire d’écoblanchiment en Australie nous rappelle une chose importante : les déclarations ESG ne relèvent pas uniquement du marketing ou de la communication financière. Elles touchent également aux opérations, à la gouvernance et à la conformité.

Le 11 août 2026, la Cour suprême de la Nouvelle-Galles du Sud a ordonné à Fiducian Investment Management Services (FIMS) de payer une pénalité civile de 7,3 millions de dollars australiens (A$) concernant des déclarations faites au sujet de son Diversified Social Aspirations Fund.


L’ASIC a décrit cette décision comme sa première sanction civile pour écoblanchiment visant un gestionnaire de fonds, dans une affaire impliquant des défaillances en matière de gouvernance, de conformité et de supervision des déclarations ESG.


Que s’est-il passé ?

Le fonds était présenté comme une option d’investissement « éthique » ou « socialement responsable ».

Son document d’information produit (Product Disclosure Statement) contenait des déclarations concernant des investissements dans des entreprises cherchant à avoir un impact positif sur la société et l’environnement, l’exclusion de certaines activités et le suivi régulier du portefeuille.


Cependant, le fonds investissait par l’intermédiaire de fonds sous-jacents qui détenaient des entreprises générant des revenus issus d’activités incompatibles avec ces déclarations ESG, notamment dans le secteur des combustibles fossiles.


La Cour a conclu que FIMS ne disposait pas de motifs raisonnables pour formuler ces déclarations ESG et a relevé des défaillances dans le suivi et l’examen des investissements sous-jacents.


Un élément est particulièrement intéressant : selon l’ASIC, des préoccupations concernant les participations du fonds avaient été soulevées dès 2019 au moins.


Pourtant, les déclarations ESG concernées ont continué d’être utilisées jusqu’en mai 2024.

La leçon principale : les déclarations ESG doivent être soutenues par des contrôles internes

Le message de l’ASIC à la suite de cette affaire est clair : les déclarations en matière de durabilité doivent être étayées par des systèmes, une supervision et une gouvernance solides.


Mais ces systèmes comportent également une importante dimension humaine.

Un contrôle n’est efficace que si les personnes chargées de l’appliquer comprennent ce qu’elles doivent vérifier, pourquoi cela est important et à quel moment une situation doit être signalée ou portée à un niveau supérieur.


C’est là que la formation à la conformité ESG peut jouer un rôle important.


Pour les employés qui interviennent dans la gouvernance des produits, la gestion des investissements, la conformité, le marketing et la distribution, la formation devrait aller au-delà des définitions générales de l’ESG. Elle peut aider les équipes à comprendre :

  • quelles déclarations de durabilité l’organisation formule ;

  • quelles preuves sont nécessaires pour étayer ces déclarations ;

  • comment les placements et les informations communiquées sur les produits doivent être suivis ;

  • ce qui peut créer un décalage entre le langage marketing et la réalité des investissements ; et

  • à quel moment les préoccupations doivent être remises en question, documentées et portées à un niveau supérieur.


Il est important de préciser que l’ASIC n’a pas affirmé qu’une formation inadéquate avait causé les manquements de Fiducian, et il serait erroné de tirer cette conclusion de l’affaire.

La leçon plus générale est qu’une formation à la conformité ESG conçue de manière appropriée peut faire partie de l’environnement de contrôle interne visant à prévenir ce type de problème.


La culture ESG devient une compétence de conformité

À mesure que les produits d’investissement durable se généralisent, les connaissances en matière de durabilité ne peuvent plus relever exclusivement des spécialistes du développement durable.


Les équipes responsables des produits en ont besoin. Les professionnels de l’investissement en ont besoin. Les équipes de conformité et de marketing en ont besoin. Les professionnels en contact avec les clients doivent disposer de connaissances suffisantes pour présenter avec exactitude ce qu’un produit fait — et ce qu’il ne promet pas.


L’affaire Fiducian soulève finalement une question importante pour toute institution financière proposant des produits durables :

Les personnes chargées de formuler, d’examiner et de communiquer nos déclarations ESG comprennent-elles exactement ce que ces déclarations nous obligent à faire dans la pratique ?

Il s’agit peut-être de l’une des questions les plus importantes que les organisations puissent se poser en matière de formation ESG.


Sources : Australian Securities & Investments Commission (ASIC), 26-191MR: Court orders Fiducian Investment Management Services to pay $7.3 million penalty over operation of ESG fund, 12 août 2026 ; décision de la Cour suprême de la Nouvelle-Galles du Sud.

 
 
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